5 - Activités spécifiques réalisées au niveau des comités provinciaux
En plus des
activités permanentes de sensibilisation , certains comités provinciaux ont mené des
activités spécifiques suivantes :
- La tenue dun stand à
loccasion de la semaine nationale de la culture Bobo 1998 au Houet et au Noumbiel à
loccasion de la foire de Batié.
- Lorganisation dune
course cycliste au Kouritenga
- La mise en place des comités
départementaux et de 16 comités villageois par le comité provincial du Nahouri
- 11 sorties pour cas
dexcision dont :
- 4 au Kénédougou ;
- 3 au Houet ;
- 2 à la Tapoa ;
- 1 au Nahouri ;
- 1 au Bazèga.
- Identification de deux exciseuses
au Kénédougou
- Tenue de 5 réunions du CPLPE de
la Comoé.
Commentaires
Au cours de lannée 1998, le comité national et les comités provinciaux ont
atteint un taux de réalisation de 48,51% des activités programmées .
Ce faible taux
sexplique du fait que le comité national a travaillé en 1998 sur la base des
reliquats des subventions du 1° plan daction .
Cependant , ces
activités essentiellement constituées dactivités dIEC, ont couvert
lensemble du pays . Ce sont :
- 1084 causeries débats dans les
secteurs des villes et campagnes ;
- 544 ciné - débats ;
- 11 émissions
radiophoniques ;
- 2 jeux radiophoniques.
Elles ont touché
792 960 personnes dont la majorité était des femmes et des jeunes , et ont permis de
donner des informations à la population sur les méfaits de lexcision et sur les
dispositions juridiques existantes en la matière .
Pour appuyer ces
messages de sensibilisation , le comité national a confectionné des supports
danimation composés de :
- 500 guides danimation ;
- 692 tee - shirts ;
- 693 casquettes ;
- 1153 pièces de pagnes ;
- 2000 affiches ;
- 3000 dépliants ;
- 3127 auto - collants grand
format ;
- 4000 auto - collants petit
format ;
- La confection de 2 spots
publicitaires dont lun est sur le SOS /Excision .
Ces deux spots
ont été lobjet de 200 diffusions chacun , télévisées et radiodiffusées
( radio Nationale
, radio Horizon FM, radio Pulsar, radio Canal Arc - en Ciel et radio Energie).
Ces spots ont
déclenché au niveau des populations un élan de solidarité à nos actions.
En vue dimpliquer les différentes couches sociales dans la lutte contre la pratique
de lexcision, 4 séminaires de sensibilisation et 18 séminaires de formation ont
été organisés à lattention des groupes socio - professionnels divers :
enseignants, journalistes, responsables des associations féminines , accoucheuses
villageoises , commandants de brigades et commissaires de police, jeunes, agents de
santé, leaders dopinions.
Les séminaires
de sensibilisation ont touché environs 120 personnes et les formations en IEC/Excision
536 personnes .
- 2 comités de soutien ont été
mis en place à lissue de ces sessions de formation : il sagit du comité
de soutien du personnel de lhôpital Yalgado OUEDRAOGO, et du comité lycéen de
létablissement secondaire Vénégré.
Ces structures
sont composées respectivement de 72 et 35 personnes.
Il est à noter
quà lissue de tous ces séminaires les participants proposent des
recommandations et des stratégies dont les principales sont les suivantes :
- lapplication effective et
sans complaisance des articles 380 à 382 du code pénal, portant interdiction des
mutilations sexuelles féminines ; .
- linstitutionnalisation
dune journée nationale ;
- la formation des communicateurs en
langues nationales pour mieux les impliquer dans la lutte ;
- la création dun réseau
dinformateurs chargés de dénoncer les cas dexcision ;
- la motivation des dénonciateurs
(pour inciter les gens à dénoncer ) ;
- lintroduction du thème de
lexcision dans les programmes dalphabétisation au profit des adultes ;
- la mise à disposition des
bibliothèques scolaires et des centres de lecture et danimation scolaires (CLAC) de
documents sur lexcision ;
- le regroupement des jeunes filles
non scolarisées autour dactivités socio économiques pour mieux les sensibiliser
sur la pratique de lexcision ;
- la sensibilisation de porte en
porte en cas de besoin ;
- limplantation des panneaux
publicitaires sur lexcision à lentrée des villes ;
- lintégration du thème de
lexcision au programme denseignement des écoles primaires , secondaires et
professionnelles.
II -
Activités réalisées en hors programme
Il sagit à
ce niveau dactivités diverses que le comité a pu développer avec les autres
structures et ONG à travers des relations de partenariat et de collaboration.
II -1
Participation à des séminaires et ateliers
II-1- 1
Au niveau National
- latelier de validation des
sous - programmes pays FNUAP du 2 au 5 février 1998 à Ouahigouya ;
- le séminaire de formation au
contenu du code des personnes et de la famille du 9 au 14 février 1998 à
Kamboinsé ;
- latelier danalyse
institutionnelle de la DSF 25 au 26 Mars 1998 à Kombissiri ;
- latelier de réflexion sur
la pratique de lexcision organisé par la DSF du 27 au 29 avril 1998 à
Ouagadougou ;
- les travaux du 34ème
Sommet de lOrganisation de lUnité Africaine du 1er au 10 juin 1998
à Ouagadougou ;
- le séminaire de sensibilisation
des leaders dopinions du Passoré sur les problèmes de population , organisé par
le CONAPO du 7 au 12 juin 1998 à Ouahigouya ;
- la revue à mi - parcours de
lUNICEF les 17 et 18 septembre 1998 à Ouagadougou ;
- le séminaire de sensibilisation
des femmes élues sur les problèmes de santé publique du 21 au 26 septembre 1998 à
Ouahigouya ;
- le séminaire de formation en
genre et développement et droits des femmes organisé par le Ministère de la Promotion
de la Femme du 28 septembre au 1er Octobre 1998 à Kaya ;
- la revue à mi - parcours du PPLS
du 12 au 14 octobre 1998 à Koudougou.
II -
1- 2 Au niveau sous régional et international
- La rencontre de travail initiée
par RAINBO du 5 au 12 janvier 1998 à Bamako et Dakar ,
- La conférence des Organisations
Non Gouvernementales ayant des relations avec les Nations Unies à Kampala du 23 au 27
Février 1998 ,
- Les journées de réflexion sur le
thème " promotion des droits des femmes dans lespace francophone
africain " à Bamako du 18 au 23 mai 1998 ,
- La mission dinformation sur
le Conseil sous - régional à Niamey du 6 au 12 juillet 1998 ,
- Le Symposium pour leaders
religieux sur les Mutilations Génitales Féminines à Banjul du 18 au 25 juillet 1998 ,
- Latelier sur
lélaboration des supports de communication à MBOUR du 27 juillet au 6 août
1998 ,
- La mission dinformation sur
le Conseil sous - régional à Bamako du 11 au 15 août 1998,
- La conférence de fin de projet
RO/AT II à Dakar du 8 au 10 septembre 1998 ;
- Le démarrage du projet droits et
citoyenneté des femmes en Afrique Francophone à Bamako les 16 et 17 septembre 1998 ,
- La consultation sur les
Mutilations Génitales Féminines organisée par lUNICEF à New York du 15 au 18
décembre1998.
Le comité
national est membre de plusieurs structures; à ce titre il participe aux différentes
rencontres de travail. Il sagit :
a) - Du comité
de pilotage du PPLS : ce comité se réunit une fois par trimestre et a pour but
dexaminer létat davancement des activités des unités
dexécution afin de détecter les blocages et den trouver des solutions et
détudier différents dossiers émanant des associations de développement .
b) - Du groupe
IEC du PPLS : il a en charge le volet des activités dIEC exécutées dans le
cadre de ce projet . A ce titre le groupe a :
- organisé et participé au
lancement national de la campagne multi- média intitulée " jeunesse et santé
de la reproduction " en janvier 1998 ;
- tenu six rencontres pour la
préparation de la campagne dans les régions sanitaires du Burkina.
|
c)-
De la commission nationale de lutte contre les discriminations faites aux femmes
(CONALDIS) du Ministère de la Promotion de la Femme. Cette commission est chargée du
suivi de lapplication des textes juridiques en faveur de la femme et de la fille ,
de lélaboration des rapports globaux de situation destinés aux activités
nationales et des Nations Unies. Depuis juillet 1998 , elle a tenu deux réunions
auxquelles le comité a pris part.
d)- De la commission IEC du
Conseil National de la Population (CONAPO). Elle est lune des commissions
spécialisées du CONAPO. Elle a organisé les manifestations entrant dans le cadre de la
commémoration de la journée mondiale de la population célébrée le 11 juillet de
chaque année.
Le comité a pris
part également et de façon régulière aux réunions de cabinet qui se sont tenues deux
fois par mois.
Le comité a
été de même interpellé par les journalistes de nationalité étrangère pour des
interviews aux fins de reportages écrits et filmés.
Cest ainsi
quil a participé à 2 reportages dont lun avec des journalistes LCI (France)
à Tenkodogo (province du Boulgou ) et Barkoundouba (province dOubritenga) du 9 -10
décembre et lautre avec les jounalistes TF1 (France ) à Toécé et Manga (province
du Zoudwéogo) le 18 décembre 1998.
III -
Activités réalisées par les personnes ressources
III - 1 -Les
gendarmes
Dans le cadre de limplication des personnes ressources dans la lutte contre la
pratique de lexcision, 15 brigades de gendarmerie de onze provinces où le taux de
la pratique de lexcision est élevé ( Kadiogo, Oubritenga, Sanmentenga, Mouhoun,
Poni, Léraba, Kénédougou, Comoé, Houet, Kossi, séno ) ont mené une campagne de
sensibilisation du 6 janvier au 26 mars 1998 .
Cette campagne
avait pour objectifs de :
- sensibiliser les populations sur
les méfaits de la pratique de lexcision ;
- expliquer le contenu de la loi
portant interdiction des Mutilations Génitales Féminines ;
- recueillir les avis et
propositions des populations par rapport à linterdiction de lexcision ;
- intervenir en cas de piste
sérieuse et recenser les exciseuses des différentes localités.
A travers cette
campagne , 22 gendarmes ont réalisé :
- 352 causeries et ciné - débats
dans les casernes à lattention des gendarmes et militaires ;
- 180 patrouilles dont ont
bénéficié les hommes , les femmes les jeunes des secteurs et villages des provinces
concernées par la campagne.
III - 2 - Le comité lycéen de Vénégré
Suite à la
formation en IEC/Excision au mois de mai 1998, les élèves du Lycée Vénégré ont mis
en place un comité lycéen de soutien au CNLPE .
Ce comité , au
nombre de 35 membres et composés de 30 élèves et de 5 professeurs, a initié en
collaboration avec la direction du Lycée des activités intitulées " Vacances
sans excision ".
Lobjectif
principal des activités était de sensibiliser le maximum délèves sur les
méfaits de lexcision afin que ceux - ci à leur tour puissent sensibiliser leurs
camarades , frères , soeurs , parents, pendant les vacances , période propice à la
pratique de lexcision.
Le comité a
réalisé les activités suivantes :
- 5 causeries - débats ;
- 5 ciné - débats ;
- la réalisation dune pièce
théâtrale avec deux représentations ;
- 1 concours de poésie et de
nouvelles sur lexcision ;
- 1 jeu radiophonique ;
- 1 chanson en français.
III -
3- Le comité de soutien des associations islamiques
Ce comité de
soutien est un regroupement dassociations islamiques créé en avril 1996 . Au titre
de lannée 1998 il a :
- tenu des rencontres périodiques
qui ont permit de renforcer le travail et de décentraliser certaines activités de lutte
contre la pratique de lexcision ;
- pris part au symposium sur les
Mutilations Génitales Féminines (MGF) à Banjul (Gambie) du 20 au 23 juillet 1998 ;
- restitué les travaux du symposium
sur les MGF le 31 août 1998 ;
- eu un entretien avec une
consultante de lUNICEF en novembre 1998 ;
- participé à un reportage écrit
et filmé avec la chaîne TF1 en décembre 1998.
III -
4 La communauté catholique
En mars 1997, le CNLPE a organisé une session de formation en IEC/Excision au profit des
délégués des diocèses du Burkina.
A lissue de
la formation un programme dactivités a été conçu dont une partie a été
exécutée en 1997. La dernière phase a été mise en uvre en 1998. Il sagit
des sorties de sensibilisation .
Cette activité
qui, avait pour objectif de sensibiliser les paroissiens après les messes sur les
méfaits de la pratique de lexcision , a touché les paroisses de Saaba,
Guillougou, Donsé, Manga, Pô, Tanghin -Dassouri, et Kombissiri.
III -
5- Les chefs coutumiers et traditionnels
Au titre de lannée 1998 , le comité de soutien des chefs traditionnels a
programmé deux activités à savoir :
- la poursuite de la mise en place
des comités provinciaux et cantonaux commencée en 1997;
- la supervision et
lévaluation des activités des comités provinciaux et cantonaux.
Par rapport à la
mise en place des comités provinciaux et cantonaux, à ce jour quarante deux (42)
provinces sur quarante cinq (45 ) ont pu créer leur comité de soutien et quatre cent
cinquante quatre (454) comités cantonaux ont vu le jour dans ces 42 provinces.
A lissue de
linstallation des comités de soutien cantonaux , on constate que les résultats
sont satisfaisants . Le message a été bien reçu et les chefs réitèrent leur
engagement à mener la lutte jusqu'au bout. Le manque de moyens matériels et financiers a
été évoqué.
La supervision et
lévaluation qui constituent la seconde partie des activités nont pas pu
être exécutées à cause des divers événements (CAN 1998, Sommet de lOUA,
élections présidentielles) .
IV- Les
difficultés.
Les difficultés
majeures auxquelles le comité a été confronté en 1998 sont dordre structurel et
financier .
IV -1
Difficultés dordre structurel
Le local affecté au comité, composé de trois bureaux sest avéré étroit avec
lévolution de ses activités. En effet, ce local est devenu un magasin de stockage
des différents matériels et équipements réceptionnés ; ce qui rend les
conditions de travail particulièrement difficiles.
VI - 2
- Difficultés dordre financier
1998 étant considéré comme une année de transition ( fin du premier plan daction
et élaboration du 2° plan daction ) les activités réalisées , lont été
pour la plupart sur la base de reliquat de financement du premier plan
daction ; ce qui na pas permis datteindre un taux de réalisation
satisfaisant.
Cette situation
sest déteinte au niveau des comités provinciaux qui tirent leur source de
financement du comité national.
V - Les Perspectives
Le comité
national compte pour lannée 1999 :
- poursuivre les activités
dIEC sur le terrain ;
- renforcer la compétence des
membres du comité national, des comités provinciaux et des personnes ressources ;
- réaliser des recherches sur la
pratique de lexcision afin de disposer des données sur la pratique de
lexcision qui manquent crucialement au comité ;
- assurer le fonctionnement du
comité national, des comités provinciaux , et des structures relais ;
- effectuer des voyages
détudes inter - comités nationaux et provinciaux ;
- suivre et évaluer les activités
de lutte contre la pratique de lexcision sur toute létendue du territoire
national.
CONCLUSION
La modicité des
moyens ainsi que les difficultés rencontrées nont pas du tout entaché
lengouement des différents acteurs intervenant dans la lutte contre la pratique de
lexcision.
Le comité
national de lutte contre la pratique de lexcision a enregistré un taux appréciable
de réalisation de ses activités .
La mobilisation
sociale entreprise sest traduite par :
- lagrandissement du cercle
des sympathisants de la lutte à travers la création de 2 comités de soutien ;
- ladhésion de nouvelles
personnes ressources ;
- le dépôt de couteaux par
certaines exciseuses en milieu rural et leur reconversion comme membres des structures
provinciales de lutte et en animatrices.
- Et enfin la disponibilité
renouvelée des partenaires du comité national.
|